Nestlé accusé d'avoir infiltré les altermondialistes d'Attac

TNI
Romandia News
June 2008

GENÈVE - Le groupe suisse Nestlé, numéro un de l'agroalimentaire dans le monde, est accusé dans un documentaire diffusé jeudi soir par la Télévision suisse romande (TSR) d'avoir infiltré pendant plus d'un an le mouvement altermondialiste Attac en Suisse.

Nestlé aurait mandaté Securitas, la plus importante société de sécurité de Suisse pour espionner sept membres du mouvement Attac, qui rédigeaient un ouvrage sur la multinationale, "Attac contre l'empire Nestlé", paru en 2004.

L'enquête du magazine Temps présent de la TSR, intitulée "Securitas, un privé qui vous surveille", se base sur un

GENÈVE - Le groupe suisse Nestlé, numéro un de l'agroalimentaire dans le monde, est accusé dans un documentaire diffusé jeudi soir par la Télévision suisse romande (TSR) d'avoir infiltré pendant plus d'un an le mouvement altermondialiste Attac en Suisse.

Nestlé aurait mandaté Securitas, la plus importante société de sécurité de Suisse pour espionner sept membres du mouvement Attac, qui rédigeaient un ouvrage sur la multinationale, "Attac contre l'empire Nestlé", paru en 2004.

L'enquête du magazine Temps présent de la TSR, intitulée "Securitas, un privé qui vous surveille", se base sur un appel anonyme reçu par l'ONG Transparency international selon lequel une taupe de Securitas, issue de son service d'investigation, avait infiltré Attac.

Sous le nom de Sara Meylan, un nom dont les enquêteurs de la TSR n'ont pas trouvé trace au registre des habitants, une employée de Securitas aurait participé à l'élaboration de l'ouvrage, se faisant passer pour une militante altermondialiste.

Simultanément, elle aurait rédigé des rapports circonstanciés sur les auteurs de l'ouvrage et les détails de leurs écrits à Securitas qui les aurait transmis à Nestlé.

Selon le journaliste de la TSR qui a mené l'enquête, Jean-Philippe Ceppi, Securitas a adressé un rapport sur ces activités en mars 2004 à Nestlé.

Mais face à la caméra, Securitas ne confirme ni ne dément les informations de l'équipe de Temps présent, reconnaissant toutefois réaliser des missions de surveillance et d'enquête pour des entreprises privées.

La police cantonale vaudoise, également interrogée par le journaliste, a admis aéadmet avoir été mise au courant que "Securitas avait infiltré le milieu altermondialiste", mais refusé de dévoiler le nom du commanditaire.

"On était dans un contexte particulier", a expliqué le porte-parole de la police vaudoise Jean-Christophe Sauterel, se référant à l'organisation du sommet du G8 d'Evian en 2003, pendant lequel les autorités suisses avaient déployé des moyens de sécurité inhabituels.

Nestlé a réagi au documentaire en affirmant que l'entreprise "ne commentait pas ses dispositifs de sécurité".

"A l'annonce publique des manifestations à l'encontre d'entreprises implantées dans l'arc lémanique lors du sommet du G8 en 2003, Nestlé a pris les mesures appropriées, en étroite collaboration avec Securitas (...) dans le plus strict respect de la loi", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Les sept membres d'Attac qui auraient été espionnés ont annoncé vendredi leur décision de porter plainte sur le plan pénal et civil pour violation de la sphère privée et de la protection des données.

La politologue Susan George, fondatrice d'Attac, a l'intention de se joindre à la plainte, a indiqué à l'AFP Isabelle Paccaud, co-auteur de l'ouvrage sur Nestlé.

"C'était l'oeil de Nestlé qui est venu chez moi", s'indigne Isabelle Paccaud. "Ils avaient accès à tous nos contacts, tous nos échanges d'emails", s'insurge-t-elle.