Susan George is one of TNI's most renowned fellows for her long-term and ground-breaking analysis of global issues. Author of fourteen widely translated books, she describes her work in a cogent way that has come to define TNI: "The job of the responsible social scientist is first to uncover these forces [of wealth, power and control], to write about them clearly, without jargon... and finally..to take an advocacy position in favour of the disadvantaged, the underdogs, the victims of injustice."
Manifesto du 28 Avril 1998
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Manifesto du 28 Avril 1998 |
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Nous, soussignés, refusons solennellement le projet d'Accord Multilatéral sur l'Investissement [AMI] actuellement négocié à l'OCDE. Nous nous engageons à combattre tout accord futur relevant des mêmes principes et ce quel qu'en soit l'origine. Nous mettons en garde contre le caractère fondamentalement anti-démocratique du système néo-libéral qui, comme le démontre l'AMI, accorde tous les droits aux investisseurs privés et impose tous les devoirs aux États et aux citoyens. Nous exigeons que les Sociétés Transnationales [STN] industrielles et financières soient soumise aux lois, notamment fiscales, établies par les représentants des citoyens et des citoyennes. I. L'Accord Multilateral sur l'Investissement En 1995, l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) s'est auto-mandatée, par l'intermédiaire de ses représentants ministériels, pour négocier un 'Accord Multilateral sur l'Investissement' (AMI). Cet organisme qui regroupe les 29 pays les plus riches du monde, n'a jamais eu pour mandat l'élaboration d'un traité à visée planétaire. Pourtant, les négociations sur l'AMI s'y déroulent depuis trois ans dans une quasi-clandestinité, sans que les parlements nationaux n'en soient informés. Enfin révélé au grand jour en 1997, ce projet d'accord soulève un tollé dans de nombreux pays. C'est qu'il accorde aux investisseurs privés - STN et grandes institutions financières - une liberté totale et le statut juridique de la Nation la Plus Favorisée (traitement égal ou supérieur dans tous les domaines à celui accordé aux firmes nationales) sans les soumettre à aucune exigence en matière d'emploi, de transfert de technologie ou de préférence pour les fournisseurs nationaux. En cas de différend, un investisseur pourra faire juger un État par un tribunal d'experts, sié_eant à huis clos, prononçant des jugements contraignants et sans appel. L'État, en revanche, ne pourrait porter plainte contre un investisseur. Cet accord garantirait la libéralisation totale de tous les investissements: il concerne les unités de production, mais aussi les actions, les obligations et autres instruments financiers; les rachats et fusions, les ressources naturelles; la propriété foncière, immobilière et agricole; la propriété intellectuelle et artistique. De son côté, l'Organisation Mondiale du Commerce [OMC] poursuit cette libéralisation dans le domaine des échanges des biens et des services, sans tenir compte de leurs conditions de production (droits du travail) ou de Conçus comme complémentaires, les régimes de l'OMC et de l'AMI permettraient aux néo-libéraux d'écrire la Charte d'une économie mondiale qui soit entièrement à II. Le projet Neo-liberal Les termes 'dérégulation' ou déréglementation sont trompeurs. Tout ordre, y compris celui du "libre" marché repose sur des règles. Mais il s'agit de savoir qui établit ces règles et au bénéfice de qui. Sous la pression du Fonds Monétaire International [FMI] et de la Banque Mondiale, les Etats du Sud sont amenés à "libéraliser" leurs économies. La "libéralisation" des marchés financiers favorise les économies parallèles et mafieuses. Partout, les STN industrielles ou financières, souvent avec la collaboration des gouvernements, poussent au démantèlement des lois démocratiquement instituées pour y substituer leurs propres règles. La déréglementation s'attaque à l'exercice de la souveraineté nationale, au droit du travail, aux acquis sociaux, culturels, environnementaux, conquis de haute lutte. Les néo-libéraux ont une stratégie globale. Même si l'AMI est mis en échec;
Toutes ces initiatives sont menées à huis-clos, loin des citoyens et de leurs représentants Derrière le projet de l'AMI, de l'OMC, du NTM, du FMI se profilent les grands groupes de pression néo-libéraux. A travers le BIAC (Comité Consultatif des Affaires et de l'Industrie), établi au sein de l'OCDE de longue date, les organisations regroupant les Sociétés Transnationales revendiquent une influence directe sur l'élaboration de l'AMI. On y trouve la Chambre de Commerce Internationale, le patronat japonais (Keidanren), l'United States Council for International Business et la Table Ronde des Industriels Européens (ERT, 45 PDG des plus grosses firmes Tous ces groupes de pression recherchent en matière d'investissements un régime universel et contraignant pour les Etats, déstructeur pour les Droits des peuples et pour la nature. Les media comme les gouvernements sont trop souvent complices de ce projet. Les forces démocratiques doivent maintenir leur vigilance, se mobiliser et se coordonner au plan international. Face au projet néo-libéral, nous, soussignés, rejetons un monde fondé sur la tyrannie du marché. Nous rejetons un modèle économique où une minorité confisque les richesses et relègue des millions de personnes dans l'exclusion et la précarité. Nous rejetons une société où s'intensifie la circulation des marchandises, des services et des capitaux, hors de tout contrôle social et politique, alors que se multiplient les entraves à la circulation des personnes entre pays pauvres et pays riches. Nous rejetons toute plaçant la compétitivité et la guerre de tous contre tous en tête des valeurs. Nous rejetons la prétention des STN et du capital financier à régenter le monde au mépris de la démocratie et des Droits de l'Homme. III. Nos references fondamentales Aux termes de l'Article 2 de la Déclaration de Droits de l'Homme et du Citoyen [1789], le citoyen se voit La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies, dont on célèbre en 1998 le 50ème anniversaire; le Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels, et le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques des Nations Unies [1966] garantissent aux peuples le droit de disposer de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. Ils stipulent qu'en aucun cas un peuple "ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance". La Charte des Droits et Devoirs économiques des Etats des Nations Unies [1974] stipule que "chaque nation a le droit inaliénable de réglementer les investissements étrangers et d'éxercer son contrôle sur les investissements. L'AMI et les accords relevant des mêmes principes vont à l'encontre de l'ensemble de ces droits. Les STN se sont toujours opposées à toute mesure sociale ou écologique pouvant entraver leur IV. Nos exigences Nous exigeons:
Nous appellons les citoyens et les citoyennes, les collectivités, les associations, les syndicats, les Les STN doivent:
Les états doivent pouvoir maîtriser leur politique économique. L'économie doit Nous exigeons:
L'économie doit assurer une juste distribution des revenus et des ressources plutôt que rémunérér le capital au détriment des salariés et des sans-emploi. Elle doit satisfaire les besoins de citoyens et se fonder sur la participation de tous dans les processus de prise de décision. Elle doit préserver l'environnement et favoriser une production pouvant maintenir les grands équilibres naturels. Elle doit réduire les disparités toujours plus profondes entre le Nord et le Sud. L'agression néo-libérale est constante. Elle compte sur l'usure et sur l'absence de combativité des citoyens, des syndicats, des associations. Elle se MANIFESTOe dans tous les domaines de l'existence et met en cause des droits fondamentaux. La priorité est à l'instauration d'une démocratie internationale et au rétablissement des systèmes démocratiques nationaux compromis. A menace transnationale, réponse transnationale: il est temps que les forces démocratiques, de par le monde, fassent converger leurs analyses et leurs actions. Ne pas relever ce défi serait trahir ceux qui nous ont précédés, notre propre responsabilité historique et les générations à venir. References 1. Les STN font un chiffre d'affaires onze fois plus élevé qu'en 1980 avec seulement 1,8 fois plus d'employés; les 100 premières STN ont encore licencié 4 pourcent de leur personnel entre 1993-1995. |
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TNI fellow, President of the Board of TNI and honorary president of ATTAC-France [Association for Taxation of Financial Transaction to Aid Citizens]
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