Un nouveau depart pour ATTAC France
En réponse à de très nombreuses demandes d’explication concernant la crise d’Attac France qui ne s’est résolue qu’avec les élections au Conseil d’administration en décembre 2006, j’ai rédigé le texte ci-dessus en anglais pour expliquer la crise et son issue et l’ai envoyé au tout début de 2007 à des amis et camarades en Europe et dans le monde. Certaines personnes me faisaient remarquer qu’il fallait aussi une version française mais je n’avais pas le courage de la faire moi-même. Michel Schroeder, un camarade d’Attac Suisse a pris sur lui de faire cette traduction. Qu’il trouve ici l’expression de mon amitié et de ma reconnaisance. Susan George
Message aux amis d'Attac France, et aux miens propres, partout dans le monde. Bonne année 2007. Qu'elle soit riche en réalisations et qu'elle nous rapproche de la victoire contre la mondialisation néo-libérale. Qu'elle ramène la paix sur la terre, que celle-ci refroidisse et soit plus propre. SVP, faites circuler ce texte librement.
Depuis de nombreux mois, beaucoup de personnes m'interrogent au sujet de la situation à Attac France. J'ai essayé de répondre individuellement à leurs questions, mais l'histoire est plutôt longue. Peut-être que ce début d'année 2007 est une période favorable pour l'envoi à chacun d'entre vous d'une information collective, d'autant plus que les nouvelles sont meilleures que ce que nous aurions osé espérer il y a six mois. Je vais commencer par le début. Si vous connaissez déjà les prémices de l'histoire d'Attac France, vous pouvez aisément sauter les trois premières pages et commencer votre lecture à POINT DE DEPART. Ce qui suit est bien sûr mon interprétation personnelle – comment pourrait-il en être autrement ? – et il va sans dire que l'on peut avoir sur certains points d'autres interprétations que les miennes. Attac France a été fondée en 1998. Dès le début, il était évident que l'organisation répondait à un besoin politique, celui de vouloir et de pouvoir critiquer la mondialisation économique et proposer des alternatives au système néo-libéral qui créait – et crée toujours- d'énormes inégalités, des crises financières, une dislocation économique, beaucoup de chômage et toute une foule d'autres maux. Je fais partie des *fondateurs* d'Attac France. La plupart des fondateurs ne sont toutefois pas des individus mais des entités collectives: éditions, syndicats, groupes féministes, de développement, de solidarité, ou écologiques, partageant les mêmes objectifs généraux qu'Attac. Les statuts furent élaborés par Bernard Cassen du Monde diplomatique qui, en décembre 1997, a été avec Ignacio Ramonet le premier à proposer la fondation d'une organisation destinée au combat pour la "Taxe Tobin" et contre la spéculation financière. Ces statuts accordaient un pouvoir singulier - pour ne pas dire disproportionné – aux membres fondateurs. Ainsi au Conseil d'administration 18 sièges sur 30 leur étaient réservés, et le président d'Attac devait être choisi parmi eux, limitant en conséquence considérablement le recrutement de candidats possibles. La prévalence des fondateurs répondait au souci d'assurer la stabilité et d'empêcher la prise du pouvoir par un parti politique ou un groupe d'intérêts particuliers. De plus, de propos délibéré, les statuts étaient pratiquement impossibles à amender. (Nous avons récemment fait un énorme effort pour réunir suffisamment de membres pour pouvoir les changer, et nous avons échoué.) Personne en fait n'avat prévu un accroissement aussi rapide du nombre des membres individuels dans la France entière, pas plus que le regroupement de ces membres en comités locaux qui, très vite, furent au nombre de 200 et plus. Le premier Conseil d’administration d'Attac fut élu pour trois ans comptant – conformément aux statuts – 18 membres fondateurs et 12 autres membres représentant les membres individuels, appelés "membres actifs", un terme impropre puisque tous sont "actifs", mais nous ne pouvons le changer. Plus tard, nous avons ajouté six, puis encore six représentants des membres actifs, mais, conformément aux statuts, les douze derniers sont sans droit de vote, meme si dans la pratique leurs avis sont pleinement pris en compte. Bernard Cassen (dèsormais appelé BC) fut élu président et je fus moi-même élue l’un des deux vice-présidents. Le nombre des membres augmentant donc régulièrement, nous avons vécu quelques succès et avons commencé à être considérés comme une force politique qu'il fallait bien reconnaître en France. En 2002, nous avons atteint notre maximum de 30.000 membres. En mai de cette année-là, BC fit savoir qu'il n'accepterait pas un nouveau mandat de 3 ans et révéla aux fondateurs que "son" candidat à sa succession était Jacques Nikonoff, qui se présenterait avec Michèle Dessenne (membre d'une petite organisation féministe) pour le poste de secrétaire générale. Ces deux fonctions sont les deux plus importantes d'Attac, les deux vice-présidents jouant surtout un rôle de représentation. Peu d'entre nous connaissaient Jacques Nikonoff, mais il bénéficiait d'un CV convainquant. Venant de la classe ouvrière, il fut pourtant admis au sein de la prestigieuse Ecole nationale d'administration (ENA), et on disait qu'il était un expert des questions de l'emploi. Beaucoup m'encouragèrent à faire acte de candidature pour la présidence d'Attac. Mais je refusai et, comme à peu près tous les autres membres du nouveau Conseil élu fin 2002, j'ai voté pour Nikonoff et Michèle Dessenne, puisqu'elle faisait partie du "contrat". Dans un premier temps, tout alla bien. Jacques Nikonoff (desormais désigné par JN) se montrait plus autoritaire dans sa gestion que nous en avions l'habitude et ne semblait pas très intéressé par les opinions d'autrui, mais c'était un grand travailleur et il semblait sincèrement attaché à Attac. Si bien que la plupart d'entre nous lui accordèrent le bénéfice du doute. Il mit l'accent sur l'aspect "franco-français" du travail et chaque fois que j'essayais de lui rappeler qu'Attac avait été fondée dans le but d'apporter un élément critique et de proposer des alternatives à la mondialisation néo-libérale (par des campagnes sur la taxation internationale, la dette, les paradis fiscaux, l'OMC, le FMI…) il rétorquait que les conséquences de la mondialisation avaient des répercutions nationales – ce qui était indéniable, mais, à mon avis, un peu court. De plus, il chassait de l'association des gens que je considérais comme de bons militants – sans doute parce qu'ils n'étaient pas assez dociles. L'été 2003 fut un moment décisif, bien que son importance ne fut révélée, au moins en ce qui me concerne, que plus tard. En fait, s'ouvrit un débat, exprimé de manière peu explicite. Il y avait ceux qui, tels JN et BC, pensaient qu'Attac devait suivre seule son chemin plutôt que de participer à un effort collectif, au risque de perdre son identité reconnue. Fondamentalement, ils n'avaient pas confiance dans le travail en commun en réseaux et autres structures du style des forums sociaux. JN fut ainsi très contrarié lors du grand rassemblement du Larzac, où la Confédération paysanne (membre fondateur d’Attac dont le membre le plus connu est José Bové) prenait comme il était normal la direction des opérations. Cette manifestation d'août 2003, avait réuni 300.000 personnes, et la contribution personnelle de JN y fut reçue sans grand enthousiasme pour dire le moins. JN publia alors sans consultation une diatribe au vinaigre contre les *gauchistes", qui paru dans le journal "Libération, ce qui donna à beaucoup d'entre nous le sentiment qu'il partait en guerre contre certains d’entre nous et contre des gens que nous considérions comme nos alliés. BC et JN par la suite accordèrent de multiples interviews ou rédigèrent de nombreux articles du même genre, sans en avoir discuté du tout avec le Conseil. A ce moment-là, j'ai demandé aux deux autres vice-présidents et à d'autres collègues de confiance, de se joindre à moi pour rédiger une lettre ouverte condamnant cette conduite. Mais je ne fus pas suivie, mes collègues ayant peur que nous n'apparaissions comme "sécessionnistes". Nous avons alors envoyé une lettre privée à JN, sans aucun effet. Les deux autres incidents les plus importants eurent lieu en avril 2004, avant les élections parlementaires européennes. BC, avec le soutien de JN, prit l'initiative et encouragea ouvertement, une tentative de présenter une liste partisane de candidats d'Attac ou proches d’Attac, réunissant des membres bien connus soutenant la direction BC/JN. Ces candidats figuraient en tête des "listes 100% alter-mondialistes" en différentes régions en France. Pour ceux qui, comme moi, refusaient l'idée qu'Attac se mue en parti politique, et qu’Attac présente des candidats opposés aux autres partis qui nous soutenaient, il s'agissait d'une démarche grave et inacceptable, d'autant plus que BC et JN nous avaient systématiquement trompé à ce sujet. Dès cet instant, nous avons perdu confiance et sommes restés sur nos gardes. La campagne, contre la Constitution européenne a permis à Attac et à tous ses membres de rassembler leurs forces. A cette occasion, JN essaya de refuser aux comités locaux la permission de se joindre aux collectifs qui naissaient partout en France et leur intima d'agir seuls. Nous apprîmes aussi que JN avait dressé une liste des "orateurs acceptables", Attac recevant des demandes de tout le pays pour des intervenants capables de parler contre le projet de Constitution. Cette liste oubliait des gens comme moi, perçus comme faisant partie de l'opposition à JN. Heureusement, les comités locaux se réunirent spontanément aux collectifs, et nous avons tous pu participer aux débats sur la Constitution, en dépit des ordres contraires de JN. Attac fut ainsi capable d'offrir une contribution prépondérante à la lutte pour la victoire du non, de nombreuses sources indépendantes considérant son rôle comme décisif. POINT DE DEPART En été 2005, ces événements et bien d'autres, de plus ou moins grande importance, et de nouveaux signes évidents de sectarisme et d'autoritarisme ont incité les trois vice-présidents à protester publiquement. En ce qui me concerne, le dernier coup porté a été la proposition que me fit JN de devenir "présidente d’honneur" d'Attac (BC et Ignacio Ramonet du Monde diplomatique portaient déjà ce titre). Comme il s'agissait en fait d'une question relevant du Conseil et non pas du président et JN n'ayant jamais soutenu aucune de mes actions ou propositions à Attac, j'en conclus qu'il essayait ainsi de m'acheter. Les dissensions prirent plus d'ampleur. Du point de vue politique, les vice-présidents, comme bien d'autres, considéraient Attac comme un "melting-pot" réussi de gens venant de traditions françaises de gauche très diverses, de gens capables de travailler ensemble et de jouer le rôle de catalyseur dans un large mouvement social en expansion. Nous considérions qu'Attac avait été en mesure d'apporter au débat sur la Constitution européenne une contribution intellectuelle unique (largement grâce à notre Conseil scientifique) et qu'elle avait la capacité partout en France de mettre en œuvre nos idées. JN, BC et leurs amis, par contre, considérait Attac comme une organisation pyramidale, dotée d'une direction forte, capable de donner des ordres à ses troupes, et finalement au service des ambitions personnelles de ses dirigeants. Il était désormais évident qu'ils voulaient se débarrasser des membres fondateurs et limiter les compétences du Conseil scientifique, au point de les réduire à la fourniture de notes d'exposés, sur la demande du seul président. Au moment de l'élection du nouveau Conseil en juin 2006, (élection prévue pour décembre 2005 et repoussée pour diverses raisons et querelles, la guerre ouverte interne était déclenchée. JN était à l'évidence prêt à aller aussi loin que possible pour obtenir la présidence, aidé en cela à chaque étape par BC et MD. La plupart de l'électorat considérait sans doute qu'il s'agissait d'une guerre pour le pouvoir entre deux clans opposés. Il ne s'agissait pourtant pas de cela, leurs adversaires, par exemple moi-même, ne voulaient pas le pouvoir, mais seulement sauver Attac d'une destruction qui nous paraissait inévitable si le clan JN-BC-MD devait avoir le dessus. Quelques semaines avant le vote, en mai 2006, et en dépit des objections de beaucoup de personnes qui pourtant soutenaient ma position, j’ai pris l'initiative personnelle d'écrire une lettre ouverte à tous les membres, afin d'expliquer qui était qui chez les candidats au Conseil et quelles étaient leur position et leurs idées. Je concluais en recommandant de voter pour certains candidats. Quelques comités locaux ne transmirent pas ce message à leurs membres mais beaucoup le firent. Au cours de leur campagne, JN et ses amis s'opposèrent violemment aux membres fondateurs, croyant apparemment que la supériorité numérique de leurs candidats [il y en avait 63 en tout] pour les sièges de "membres actifs" allaient leur offrir une victoire facile dans une élection à caractère national, dans laquelle personne ne pouvait connaître personnellement tous les candidats en lice. Le décompte des voix fut long en juin 2006. Il commença le samedi 10 juin. Au soir du mardi suivant, il était clair que les candidats que j'avais proposés allaient gagner 14 ou 15 sièges sur 24, et que la liste des fondateurs serait approuvée par plus de 60% des votants. Sur la demande insistante de JN, il avait été décidé de faire le décompte des résultats chaque soir. Ainsi, il était aisé de connaître la tendance qui se dégageait. JN avait aussi insisté pour que les bulletins soient sortis de leurs enveloppes, même s'ils ne pouvaient être pris en compte sur le champ. J'étais à cette période au TNI (mon institut à Amsterdam) et ne pus donc participer aux opérations de dépouillement avant le mercredi. Mais je connaissais les résultats provisoires. Le mercredi, j’y suis allée et il était évident que quelque chose de bizarre s'était produit, la tendance favorable à "mes" candidats s'étant tout à coup inversée. Le soir venu on pouvait constater que certains candidats favorables à JN avaient brusquement avancé de 9 ou 10 places, alors que d'autres – mes amis – avaient enregistré un recul d'envergure comparable. Une partie de la journée du jeudi témoignait des mêmes résultats. Puis enfin arrivèrent un nombre important de votes dans des enveloppes fermées, qui, eux, étaient de tendance contraire, c'est-à-dire de la tendance initiale, favorable à mes amis. Le décompte final donnait toutefois la majorité aux "membres actifs" favorables à JN, dans la proportion de 15 sièges aux "amis de JN" contre 9 sièges seulement pour mes amis "membres actifs". Le week-end suivant se tint l'assemble générale d'Attac et la première réunion du Conseil nouvellement "élu". De notre côté, nous nourrissions des doutes sérieux sur l'honnêteté et la légitimité du scrutin. Cette opinion étant confortée par les chiffres. Les divergences entre les décomptes des quatre premiers jours et ceux des deux suivants, puis celui du paquet de votes restés dans leur enveloppe fermée étaient trop marquées pour être considérées comme un simple effet du hasard. Alors, nous n'avons pas employé le mot "fraude", mais seulement l'expression de "anomalies statistiques". Mais nous avons refusé de siéger dans un Conseil dont le premier acte fut de réélire pour président JN. Il était impératif d'organiser de nouvelles élections. Après bien des péripéties, elles furent fixées à six mois, plus tard, en décembre 2006. Pendant tout l'été, l'examen statistique montra de plus en plus clairement qu'une fraude avait été bel et bien commise. Une commission d'enquête indépendante fut formée, trois statisticiens extérieurs à Attac étant priés d'examiner les résultats des élections. Parmi eux, certains, qui ne connaissaient rien des affaires internes d'Attac, furent rapidement capables d'identifier "mes amis" et ceux de JN.. Le parti des JN-BC-MD continuait à nier l'évidence et JN se permit même de suggérer que mes amis et moi-même avions commis une fraude électorale, afin d'en faire porter le blâme sur lui, JN! En définitive, fin septembre, les deux présidents respectés de la commission d'enquête prononcèrent leurs conclusions lors d'une "CNCL" (Conférence nationale des comités locaux), réunissant les représentants de douzaines de comité locaux d'Attac. Il était évident qu'une fraude avait été commise et que de nouvelles élections s'avéraient indispensables. Les six derniers mois de 2006, les activités d'Attac se sont focalisées sur ses affaires internes au détriment des questions principales qui avaient fait l'essentiel de ses activités auparavant. A partir de juin, son Conseil ayant perdu toute légitimité, personne n'était plus en mesure de s'exprimer au nom de l'organisation, même si certains le tentèrent. Les divisions internes et la zizanie s'accentuèrent. Bien qu'il fût impossible de confondre les auteurs de la substitution des bulletins de vote, les rumeurs s'enflèrent et l'atmosphère devint irrespirable. Pour une organisation revendiquant son caractère démocratique et prétendant "faire la politique autrement", la situation était suicidaire. Dans le même temps, la bande des trois, JN-BC-MD et leurs supporters poursuivaient leur virulente campagne, souvent mensongère, contre les membres fondateurs du Conseil – rien d'étonnant si l'on songe qu'au moins les trois-quarts d'entre eux leur étaient opposés. Avant les élections de décembre 2006, j'écrivis à nouveau aux membres d’Attac afin de leur recommander les candidats "actifs". Lors de cette nouvelle élection, BC, JN et leur petit groupe de supporters se retirèrent de la liste électorale des membres fondateurs, bien que 7 sièges sur 18 leur fussent offert, (à savoir 39% des sièges, ce qui était assez généreux, compte tenu du fait qu'ils ne contrôlèrent jamais plus de 25% de soutiens parmi les fondateurs dans le précédent Conseil). Je décidais de me retirer aussi de la liste des fondateurs. En effet, j'avais siégé au Conseil et été vice-présidente durant 6 ans. Il était temps à mon avis de laisser mon siège à quelqu'un de plus jeune. Un nombre record de membres (7600) votèrent en décembre. En dépit de la campagne anti-fondateurs, ils votèrent en faveur des membres fondateurs de la liste, mais en proportion plus faible (66% en juin, 57% en décembre). Parmi les "membres actifs", les gens que je soutenais (sur la liste appelée "Alter mondialisme et démocratie") gagnèrent les 20 premiers sièges, tandis que les 4 derniers allaient à la liste de JN, "Avenir d'Attac". Le nouveau Conseil, fort de 42 personnes disposait désormais de 38 membres opposés à la tendance BC et JN. La situation était ainsi beaucoup plus claire et la légitimité du Conseil désormais inattaquable, . Reste à savoir si les proches de la mouvance "Avenir d'Attac" de JN vont jouer le jeu. Leur première réaction, avant même que les résultats des élections ne soient officiellement proclamés avait été de sortir un communiqué de presse, taxant les vainqueurs de "gauchistes, communautaristes et sectaires". En France, être accusé de "gauchisme" par un ancien membre du comité central du Parti communiste comme JN signifie que vous êtes taxé d'aventurier et que vous vous permettez de provoquer de l'agitation politique sans raisons si ce n’est votre intérêt personnel. Le "communautarisme" présente des connotations fort déplaisantes dans la France laïque. Celà signifie simplement que vous ne respectez ni la République, ni la loi, ni la laïcité, et favorisez les intérêts particuliers de certaines communautés, par exemple les Basques ou les Musulmans. Enfin, on connaît la signification du mot "sectaire" qui est la même partout. Vaincu, leur groupe continue pourtant aujourd'hui de se faire entendre très souvent. Ainsi, il organise un séminaire en janvier 2007, invitant seulement "ceux qui ont voté pour nous" et "qui désirent maintenir l'impact de leur vote". [Le lieu de ce séminaire a été tenu secret]. Il est clair qu'ils ne cesseront de tirer à boulets rouges contre le Conseil et feront ce qu’il peuvent pour bloquer son action. Les quatre membres qui leur sont favorables (les sièges 21 à 24) ont déjà fait circuler un rapport partial sur la première réunion du Conseil. Nous avons aussi de bonnes raisons de penser que "Avenir d'Attac" s'est procuré la liste de tous les membres, alors que personne n'est autorisé à en faire un usage non officiel. Certaines personnes, qui n'ont jamais figuré sur aucune liste électronique d'Attac ont déjà reçu des messages d’ "Avenir d'Attac", messages qu'ils ont parfois pris pour des communiqués officiels. Nous verrons bien si se produit une sécession. Si c'est le cas, ce ne sera pas de notre fait. Entre temps, le nouveau Conseil s'est mis au travail. Composé de beaucoup plus de membres jeunes et de beaucoup plus de femmes que jamais dans le passé, c'est un excellent mélange de talents, d'expériences politiques et de compétences. Je suis sûre qu'il fera un excellent travail. Attac va revenir à ses activités fondamentales, à son travail politique d’éducation populaire et à ll'organisation de campagnes, travail qu’elle n'aurait jamais du abandonner. Nous sommes malheureusement confrontés à une situation financière difficile, mais nous espérons que ceux qui nous ont quitté reviendront, que d’autres nous rejoindront. Nous désirons en particulier collaborer plus étroitement avec les autres sections d'Attac, en Europe et dans le monde entier. Dire que cette période a été difficile est un bel euphémisme. Cependant les élections de décembre dernier ont conféré au nouveau Conseil et aux deux nouveaux co-présidents, Aurélie TROUVE et Jean-Marie HARRIBEY, un mandat parfaitement clair. Nous espérons que tous nos amis de l'étranger nous soutiendrons durant cette période nouvelle. Je suis persuadée, nous sommes persuadés que nous allons assister à la renaissance d'Attac. Susan George