Là pour durer: la remunicipalisation de l'eau, un phénomène global en plein essor

02 December 2014
Report

Dans la charge 15 années il lesquantités au moins 180 cas de remunicipalisation de l'eau dans 35 pays, deux dans le Nord et le Sud, y compris les cas très médiatisés en Europe, les Amériques, l'Asie et l'Afrique.

Introduction

Villes, régions et pays du monde entier sont de plus en plus nombreux à choisir de tourner la page de la privatisation de l’eau et de « remunicipaliser » leurs services, en reprenant le contrôle de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Dans la plupart des cas, la remunicipalisation est une réponse aux fausses promesses des opérateurs privés et à leur incapacité à placer les besoins des gens avant la recherche de profit. Ce rapport examine la remunicipalisation de l’eau et de l’assainissement comme un phénomène global en plein essor, et propose une vue d’ensemble – la plus complète à ce jour – des cas récents de remunicipalisations de l’eau dans le monde entier. Au cours des 15 dernières années, il y a eu au moins 180 cas de remunicipalisation de l’eau dans 35 pays, à la fois au Nord et au Sud de la planète, parmi lesquels certains exemples très médiatisés en Europe, Amérique, Asie et Afrique. Les grandes villes qui ont remunicipalisé leur eau incluent Accra (Ghana), Berlin (Allemagne), Buenos Aires (Argentine), Budapest (Hongrie), Kuala Lumpur (Malaisie), La Paz (Bolivie), Maputo (Mozambique) et Paris (France). En revanche, au cours de la même période, il y a eu très peu de cas de nouvelles privautisations de l’eau dans les grandes villes du monde : seulement Nagpur (Inde), où cette privatisation est fortement contestée, et Djeddah (Arabie saoudite).

Malgré plus de trois décennies de promotion incessante de la privatisation et des partenariats public-privé (PPP) par les institutions financières internationales et les gouvernements, il est désormais clair que la remunicipalisation de l’eau, en tant qu’option politique, est là pour durer . L’expérience directe des problèmes communément associés à la gestion privée de l’eau – manque d’investissements dans les infrastructures, hausses tarifaires, risques environnementaux - a convaincu d’innombrables citoyens et décideurs politiques que le secteur public est le mieux placé pour fournir des services de qualité et promouvoir le droit humain à l’eau.

Le terme de « remunicipalisation » se réfère au retour de services d’eau ou d’assainissement auparavant privatisés sous l’égide des collectivités locales ou, plus généralement, sous contrôle public. Ceci se produit ordinairement en cas de résiliation ou de non renouvellement des contrats passés avec le secteur privé par les autorités locales. Mais ce processus ne se déroule pas toujours (ou pas seulement) à l’échelle municipale. Les autorités régionales et nationales ont une influence considérable sur le financement et la gestion des services d’eau et d’assainissement, et, dans certains cas, elles interviennent directement comme opératrices de ces services, de sorte que le processus se déroule parfois à une échelle supérieure à celle d’une ville.

Mais quelle que soit sa forme et son échelle , la remunicipalisation représente généralement une réaction collective contre le caractère insoutenable de la privatisation de l’eau et des PPP. En raison de l’impopularité de la privatisation, les entreprises privées de l’eau ont utilisé leur puissance de marke - ting pour inciter les gens à croire que les concessions, contrats d’affermage et autres PPP sont différents de la « privatisation » ; mais ce n’est pas vrai. Tous ces différents termes se réfèrent à une même réalité : le transfert au secteur privé du contrôle et de la gestion des services d’eau et d’assainissement. Les décideurs doivent être conscients des coûts et des risques élevés de la privatisation de l’eau. Dans cette optique, ils ont beaucoup à apprendre de l’expérience des collectivités publiques qui ont choisi la remunicipalisation et qui se vouent au développement de services publics de l’eau efficaces et démocratiques.

Publié par Public Services International Research Unit (PSIRU), Multinational Observatory et Transnational Institute (TNI).

Donc lac www.remunicipalisation.org

 

 See also Remunicipalisation: Putting Water Back into Public Hands